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La Fédération nationale a demandé à tous les syndicats de réfléchir sur l’organisation et le devenir des structures gérant et représentant la forêt privée. Voici les réflexions avancées par le Comité des Forêts

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La réforme des politiques publiques

REFLEXIONS SUR LES MODALITES DE FONCTIONNEMENT DE LA FORÊT PRIVEE

Un syndicalisme fort

Pour être représentative vis-à-vis du monde extérieur, toute profession doit être animée par une organisation forte, bien structurée, appuyée sur un nombre élevé d’adhérents. Comment le monde extérieur peut-il prendre en considération notre activité puisque le forestier privé, lui-même, ne comprend pas l’organisation et le fonctionnement de la « propriété forestière privée » ? Il est en présence d’une multitude d’organismes qui se court-circuitent et se détruisent. Il est contacté par des organisations différentes, souvent concurrentes et qui lui tiennent des discours contradictoires. La forêt privée doit être représentée par un organisme fort qui ne peut être que le syndicat.

Renforcer le syndicalisme, c’est lui trouver des moyens. La cotisation à l’hectare est elle le moyen de financement le plus efficace ? Le bon sens n’est-il pas de taxer le forestier au moment où il perçoit un revenu de sa forêt ? Quelles sont les vraies raisons qui ont poussé au changement il y a quelques dizaines d’années ? Ne faudrait-il pas réétudier cette modalité, et notamment les moyens de perception qui ne sont certainement pas faciles non plus. Il faut s’adapter à un monde sans subventions, et donc tirer partie de toutes les recettes existantes possibles. Dans ce cadre, deux possibilités. Tenter de récupérer d’une manière ou d’une autre une part, la plus importante possible de ce qui devrait nous revenir dans les recettes des chambres d’agriculture. Mieux utiliser les ressources des CRPF, si tant est qu’ils existent toujours, et que les élus propriétaires forestiers, s’ils sont toujours là, veuillent bien tenter de reprendre le pouvoir qu’ils ont petit à petit abandonné à la technostructure. On entend souvent dire que les CRPF ne sont pas assez au service de forestiers privés. Ce sont eux pourtant qui sont aux commandes. Il faut tout faire, dans la future évolution, pour qu’ils y restent et qu’ils retrouvent leur influence perdue.

Renforcer le syndicalisme, c’est supprimer la confusion avec les autres organismes. Les CRPF d’abord. Il n’y aura pas confusion si les actions de celui-ci sont orientées par le syndicalisme, présent au conseil d’administration. Les CRPF ont pour mission de s’adresser aux propriétaires au-delà des adhérents des syndicats. Une relation plus forte entre les élus et la direction des CRPF devrait permettre de toujours bien faire apparaître le syndicat comme le seul représentant de la forêt privée. Les coopératives. On entend des propos du genre : « je ne suis pas content des prestations de ma coopérative, je ne renouvellerai pas ma cotisation au Syndicat ». Cette confusion vient souvent du fait que par manque d’homme, le président du syndicat préside aussi la coopérative. Mais aussi, les syndicats, faute d’autres moyens, se sont trop souvent appuyés sur les coopératives, accentuant ainsi cette confusion. Il doit être clair que les missions sont totalement différentes. Le syndicat est là pour défendre la profession, l’animer, faire des actions de formation, d’information et de vulgarisation. La coopérative est un prestataire de services, un outil, parmi d’autres de commercialisation. Elle est un maillon de la filière et ne doit pas avoir de lien privilégié avec le syndicalisme. Aujourd’hui les coopératives commercialisent 26% des bois de la forêt privée, les experts, 18%, les propriétaires commercialisent directement 56% de la récolte. Ce dernier chiffre montre le potentiel de développement que peuvent se partager les deux organisations, à condition que cela se fasse sur un terrain égal de concurrence. Ce n’est certainement pas le cas aujourd’hui. Mais, encore faut-il que les experts fassent l’effort nécessaire pour moderniser et donner une image plus dynamique de leur activité. Les coopératives se regroupent, se donnent les moyens (formations, études économiques….) de leur développement. Les experts, pour récupérer la part qu’ils méritent dans la commercialisation du bois privé, doivent, par l’intermédiaire de la CNIEFEB, s’organiser, regrouper leurs moyens, sortir un peu de leur indépendantisme forcené, mieux sélectionner leurs membres. Tout en restant de petites structures proches des propriétaires et les suivant dans la durée Mais, en aucune manière, le syndicalisme ne doit apparaître comme le partenaire de l’un ou de l’autre.

La vulgarisation. Tâche essentielle des syndicats.

Pour la majorité des forestiers privés, la forêt n’est pas leur métier, c’est un morceau de leur patrimoine. Le syndicalisme doit leur apporter, par un effort dynamique de vulgarisation, le minimum de connaissances en sylviculture qui leur permettra de faire les choix dans leur gestion et de recruter en meilleure connaissance de cause les organismes capables de les assister (techniciens, ETF, coopératives, experts …). Les moyens des syndicats sont rarement suffisants pour embaucher un ou plusieurs vulgarisateurs. Pourtant c’est avec une bonne vulgarisation que l’on recrute de nouveaux adhérents. Certains syndicats ont négocié avec leur Chambre d’Agriculture la mise à disposition d’un ingénieur forestier pour assurer cette vulgarisation. Ce n’est pas une négociation facile. Les chambres sont réputées pour leur opacité, au moins vis-à-vis de la forêt. Mais nous devons tenter d’avoir une utilisation plus efficace d’une partie des fonds dont bénéficient les chambres en provenance de la propriété forestière. C’est aussi une contrainte pour le syndicat qui doit gérer cet emploi. Mais cela marche… Les CRPF pourraient également être utilisés de deux manières. Comme cela a été évoqué plus haut, une bonne coordination entre les élus et la direction devrait permettre d’orienter la vulgarisation (exprimer simplement des choses complexes, cf ; les Plans Simples de Gestion), une des vocations principales des CRPF, de manière à mettre en valeur le syndicat, défenseur et développeur de la forêt privée. Mais aussi, pourquoi pas mettre un ingénieur ou un technicien vulgarisateur à la disposition du syndicat. La vulgarisation c’est aussi la formation (IDF, CETEF, FOGEFOR….), l’information, la communication. Un bulletin trimestriel ou semestriel, syndical ou régional, agréable à lire et bien documenté, envoyé à tous les propriétaires forestiers est un bon outil de recrutement de nouveaux adhérents. Dans certain cas, lorsqu’il y a une bonne homogénéité forestière de la région, c’est probablement au niveau de la Région qu’il faut gérer ces actions. Un président d’Union Régional, président du CRPF devrait avoir plus de poids sur la technostructure. Nos interlocuteurs privilégiés, services publics (SERFOB, Conseil Régional…), sont de plus au niveau régional.

Renforcer la cohésion de la forêt privée. L’union fait la force.

Participent au conseil d’administrations de la Fédération uniquement les représentants des syndicats. Ne devrions nous pas travailler, de manière plus rapprochée, également avec d’autres composantes de la forêt privée. La Forestière de la Caisse des Dépôts possède ou gère en France plus de 200 000 hectares de forêts. Rapprocher nos réflexions et nos politiques ne pourrait être que bénéfique, ne serait-ce qu’en donnant plus de poids à notre représentation. L’ASFOR qui représente les investissements forestiers bancaires ne devrait pas non plus être négligée. Ces organismes puissants ont les moyens de réfléchir et d’étudier les grandes évolutions de la forêt qui sont forcément complémentaires des nôtres (changement climatiques, sociétés d’épargne forestière…). Pouvons nous leur apporter quelque chose et réciproquement ? C’est à quoi il faut réfléchir avant de venir les ponctionner d’une cotisation motivée par la seule solidarité.

Il ne faut pas négliger la filière. D’abord la filière proche, les coopératives avec l’UCFF, déjà représentée dans nos instances. Mais aussi les experts à travers de la CNIEFEB. Ce serait un moyen de participer à la réflexion sur la modernisation de leur organisation qui devrait leur permettre de travailler avec un même niveau de concurrence avec les coopératives, au bénéfice des forestiers privés. Un représentant de l’aval devrait pouvoir nous apporter son point de vu pour faire en sorte que nos actions puissent déboucher sur des résultats concrets.

Chêne Avenir, un échantillon exemplaire de ce que devrait être la forêt privée.

Ce projet a pour ambition de faire travailler sur un pied d’égalité, dans une saine concurrence, chacun à sa place, tous les acteurs de la gestion et de la mise en marché. Il prend en compte tous les besoins de la totalité de la filière. Il donne une large place à la vulgarisation et à l’encouragement de propriétaires pas forcément tous très motivés. Il essaye que les propriétaires reçoivent de la part des gestionnaires et des vulgarisateurs un message qui va dans le même sens. Il essaye de tirer partie de tous les financements possibles. En un mot, il s’agit d’une louable tentative d’action homogène de plusieurs partenaires complémentaires au service du forestier privé. Il est malheureusement évident qu’il y aura des composantes pour tenter de saboter ou de reprendre le projet à leur compte, mais il demeure que c’est ce genre d’action commune qui doit être pris pour modèle dans notre réflexion sur l’organisation de la forêt privée.



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